Dying

C'est l'amour magique, celui dont je rêve débilement depuis mes 15 ans.
Bon, je crois que je peux l'affirmer même si le doute est aussi encombrant que mon ganglion d'amour, j'ai un boulot!!!
Je sais. Je vous ai tous bien déçus pour ce qui est de l'assos.
Et oui, après ma fulgurante inscription, je n'ai plus jamais eu de nouvelles de leur part.
Pour être franche, je n'ai rappellé non plus.
Mais je calculais mon coup.
S'ils ne me rappellaient pas, c'est qu'ils n'avaient rien à me dire, logique non?
Donc voilà. Le plan boulot était au point mort.
Fidèle à moi, je ne m'énervais pas pour en trouver un même si l'appât du gain est une belle réalité en moi. Je dois avouer avoir engagé des démarches pour du téléphone rose l'année dernière.
Je crois que c'était pour faire chier tout le monde.
Mes parents m'ont tout de suite stoppé. Grâce à eux.
Un jour, j'ai eu la bonne idée d'entendre une fille de ma classe dire à copine Jessica qu'elle partait bosser. J'ai encore eu la super idée de demander ce qu'elle faisait comme boulot.
Elle me répond qu'elle garde des enfants.
Sans aucune arrière-pensée, j'étais à des lustres de penser qu'elle me dirait un truc pareil, je lui parle de mon échec de baby-sitting.
Elle me dit que justement elle bosse en doublon avec une copine à elle des Beaux-Arts qui doit partir en Erasmus en janvier et qu'elle cherche quelqu'un pour la remplacer.
Je lui dit mon grand intéret pour la nouvelle, je prends tous les renseignements nécessaires et aujourd'hui je suis allée porter ma lettre de motivation.
Me voilà engagée.
Apparemment la gentille fille de ma classe (oserais-je l'appeller copine?) n'avait pas prévenue d'autres remplacentes potentielles.
Je m'attendais à voir une pile de 15 cv mais non, j'étais la première.
Je rencontre les filles à garder dans 2 semaines et en avant la purée.

Ce soir, je me suis préparée une assiette de reine.
Le truc dans les règles, boudin, pommes confites et petite purée.
Je m'installe pour manger à l'instant, je sais qu'il est 10h mais j'ai pris le temps de faire la vaisselle, j'ai papillonné dans l'appartement, ultra heureuse pour le boulot et la vie en générale.
J'ai mal à la tête.
Je commence à désespérer sérieusement pour les garçons.
L'idée d'être prise dans des bras me donne envie de pleurer.
J'ai mal partout, la douleur est réelle, je suis au bord de l'évanouissement par instant.
Mon interphone me paraît surréaliste, je ne sais même plus à quoi il sert.
Je n'attends rien dans mon lit.
Chaque soir plus épuisée, je m'endors profondément mais avec agitation.
Je ne sais même plus à quand remonte ma dernière fellation mais je pourrais sacrifier un de mes reins pour tenir une bite dans ma main.

Je vais me lever doucement, mettre mon pyjama d'adolescente frustrée, déambuler dans mon petit hall d'entrée, les mains sous le menton me demandant si la corde c'est mieux que le cutter, fermer le gaz, les verroux de ma solide porte, les volets rouillés, éteindre chaque pièce, me laver les dents, me regarder avec pitié pendant 5 minutes dans le miroir puis me diriger lourdement vers mon lit, refermer la porte de la chambre pour y faire le noir complet, mettre mon réveil à midi en planifiant avec délice une matinée de sèche, me coucher, arranger toutes mes petites couvertures, poser ma tête sur les coussins ronds, me faire un nid de moineau dodu, m'y blottir joyeusement, fermer les petits yeux, me dire que je suis tellement bien ainsi mais penser immédiatement à tous ces garçons qui pourraient me prendre dans leur bras, avoir envie de pleurer mais se dire que çà suffit les conneries, finir par penser que tout le monde me prend pour une petite débile qui ne comprend rien à rien, en être énervée au point de taper un grand coup dans le mur, sourire de cette grosse bêtise puis fermer les petits yeux pour de bon, prier pour que l'amoureux sonne, respirer lentement, se voir envelopper de noir et se laisser tomber dans les rêves étranges.
Je ne vous parle pas du lendemain, c'est beaucoup moins joli.
Bonne nuit chers amis,
LuxyOne
LuxyOne

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